Sale temps pour les casinos français
Avec l'annonce, vendredi 13 août, du placement en redressement judiciaire de la holding de la Société française de casinos qui exploite trois casinos terrestres à Châtelguyon (Puy-de-Dôme), Gruissan et Port-la-Nouvelle (Aude), après que, le 15 juillet dernier, le tribunal de commerce de Nice a déclaré le casino de Beaulieu (Alpes-Maritimes) du groupe Partouche en état de cessation de paiement, la situation ne semble guère brillante pour les casinos français.Les 197 casinos terrestres français recensés qui comptent 18 200 employés, quelque 22 000 machines à sous et des jeux de table (roulette, black-jack, poker entre autres), ne cessent d’enregistrer une baisse significative de leur produit brut des jeux (PBJ). Ce dernier qui représente la différence entre les mises et les gains des joueurs et qui est donc l’équivalent du chiffre d'affaires, passe de 2,8 milliards d'euros (novembre 2006-octobre 2007) à 2,55 milliards (2007-2008) puis à 2,3 milliards (2008-2009). Une baisse significative et persistante au fil des dernières années.
Qui s’est encore accentuée selon les observateurs avisés du milieu des jeux. Ceux-ci font état d’une baisse de 4 % du PBJ des casinos pour les premiers mois de l'exercice en cours (novembre 2009-octobre 2010).
A quoi sont dues ces difficultés qui, loin d’être passagères, commencent à inquiéter les professionnels concernés? D’aucuns les imputent à l’interdiction de fumer autour des tables de jeux des casinos. Certes, mais il y a aussi -et peut-être surtout- la concurrence des jeux en ligne, qu’ils soient illégaux ou désormais autorisés et légalisés suite à l’ouverture du marché des paris et jeux en ligne en France depuis le mois de juin dernier. Et surtout n’oublions pas que les temps sont durs et que la crise économique dont nous subissons hélas les conséquences n’arrange rien, mais alors rien du tout…
Interrogé par l'Agence France Presse (AFP), Georges Tranchant, patron du groupe du même nom et qui compte seize casinos en France, explique que « des petits opérateurs indépendants sont dans des situations extrêmement difficiles parce qu'ils ne peuvent pas reconstituer leurs fonds propres contrairement aux grands groupes comme Barrière ou Partouche, dont la holding peut remettre de l'argent dans les établissements déficitaires ». Par ailleurs, fait-il remarquer, « les casinos qui ont beaucoup investi dans leur rénovation marchent plutôt bien ». Pour autant, dit M. Tranchant, « nous sommes bien dans une crise qui frappe d'abord les plus faibles ». Selon lui, certaines régions concentreraient beaucoup trop de casinos, sans compter les villes qui en comptent deux ou même trois comme Cannes par exemple.
Pour sortir de la crise, tenter de juguler ses conséquences et donc se redonner un peu d‘oxygène, la profession a pris diverses initiatives. Le groupe Partouche et une centaine d'autres casinos (Barrière, Tranchant, Joa, et indépendants) offrent depuis quelques mois des cagnottes --le record est de 5,5 millions d’euros-- communes à plusieurs centaines de machines à sous reliées. Les casinos terrestres draguent aussi de plus en plus les clients plus jeunes qui s'affrontent au poker, même si le poker ne leur rapporte que 2 % des mises pour l‘instant.
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August 2010
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