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Jeux d’argent en ligne: JF Vilotte répond à Stéphane Courbit

Stéphane Courbit, actionnaire à 50 % de BetClic Everest Group, n’a pas mâché ses mots dans les colonnes du Figaro pour dire combien il est déçu -c’est un euphémisme-  six mois après l’ouverture des jeux en ligne en France (voir Casinoweb du 7 décembre).

Dans la même interview, il s’en prenait directement à l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) et indirectement à son président Jean-François Vilotte. Qu’on en juge. « La loi française favorise la fraude. Les sites autorisés en France ne représentent pas plus de 30 % du marché en valeur des jeux d'argent sur internet. L'Arjel fait ce qu'elle peut, mais avec une vingtaine de personnes en charge du contrôle, c'est impossible de stopper les sites illégaux », avait-il déclaré.
Jean-François Vilotte est connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. Le président de l’Arjel a toujours quelque chose à dire. Il vient de le prouver en répondant à Stéphane Courbit dans une interview accordée à Le Point.fr.

rockbetEt que dit Vilotte? Qu’il ne comprend pas vraiment les opérateurs de paris sportifs qui aujourd’hui se rebiffent. Il compare le plan d’affaires que tous ont déposé auprès de l’Arjel quand ils ont demandé leur licence et constate que certains de ceux qui pleurent aujourd’hui « sont en avance sur leur tableau de marche », dit-il. Pour lui, les pertes annoncées sur le premier exercice, sont dues aux sommes dépensées par certains pour attirer les clients notamment au travers de campagnes de pub et de marketing fort onéreuses. « L'Autorité de régulation n'a pas à se prononcer sur ce débat », conclut JF Vilotte.

Courbit reprochait aussi à l’Arjel de ne pas avoir les moyens de lutter contre les sites illégaux. Vilotte lui rétorque que, cinq mois après l’ouverture du marché des paris sportifs, 390 millions d’euros sur le milliard misé précédemment par les Français sur des sites illégaux, se sont portés sur les sites légaux. « La projection sur un an permet de  constater qu'on est en phase avec ce que l'on supposait être le chiffre gris du pari illégal ».
JF Vilotte applique le même raisonnement  aux paris hippiques. Avant juin dernier ils étaient estimés à 800 voire 900 millions d'euros.  A ce jour, 370 millions ont été enregistrés sur les sites légaux. Ce qui fait dire à JF Vilotte que « 90 % du marché a basculé dans le domaine légal ». Selon lui, le nombre des joueurs sur des sites illégaux est insignifiant d’autant plus que le nombre de ces sites illégaux est tout aussi insignifiant.

Pour l’Arjel tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. D’autant mieux que JF Vilotte dresse un bilan plus que satisfaisant dans tous les domaines. Qu’on en juge : 2,4 millions de comptes ouverts, dont 1,4 million qualifiés de définitifs. Le poker marche bien avec 280 000 comptes joueurs actifs chaque semaine sur un total de 511 000 comptes actifs (mais pas un mot sur les sommes misées). 150 000 comptes actifs parient hebdomadairement sur les sports et 130 000 parient sur les courses de chevaux. « L'Arjel a assaini le marché. Il faut continuer à être vigilant », conclut Vilotte.

Certes, mais les opérateurs mécontents ne baisseront pas la garde et continueront à demander que la loi de 2010 soit rapidement révisée. Et le mouvement de grogne lancé par Courbit et Carlo Costanzia, président de Bwin le groupe autrichien, pourrait bien s’étendre à d’autres opérateurs…

© Casinoweb 2010
Claude Lefranc