Les jeux et la TV : nouvelles chaines, report de cash TV...
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Dimanche, 15 Octobre 2006
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TF1 va lancer, mardi 17 octobre, JET, une chaîne intégralement dédiée aux jeux et diffusée sur le câble, le satellite et l'ADSL à haut débit. Le jeu revient en force" à la télévision... constatait un producteur, à l'occasion du Mipcom, le marché international des programmes, qui s'est tenu à Cannes du 9 au 12 octobre.
Chaîne "multisupport", selon les voeux du PDG, Patrick Le Lay (Le Monde du 19 septembre), JET (acronyme de Jeux et Télévision) vient combler un vide dans le paysage audiovisuel français. Le jeu "est un genre majeur, fédérateur d'audience et pourtant, sur le câble et le satellite, il n'y a aucune offre de chaîne", pointe Xavier Chauvin, directeur général de JET.
En moyenne, les jeux occupent de 5 % à 12 % des grilles des télévisions généralistes. Ces programmes sont souvent placés aux heures de grande écoute et donc de forte pression publicitaire.
La chaîne du groupe Bouygues semble avoir été encouragée dans sa décision par le succès de "La roue de la fortune", de retour, cet été, sur TF1, après quatorze ans d'absence. Ce jeu a réuni chaque jour cinq millions de téléspectateurs.
Pour le lancement de JET, TF1 a décidé d'employer les grands moyens. Sur un plan strictement financier, la nouvelle chaîne thématique devrait d'entrée de jeu se placer aux côtés des grandes chaînes du câble et du satellite, voire même de la télévision numérique terrestre (TNT). Elle bénéficiera à cet effet d'un "budget conséquent" de 15 à 20 millions d'euros par an. Une dotation équivalente à celle d'un opérateur comme BFMTV, chaîne d'information en continu de la TNT.
"C'est une thématique qui nécessite un certain nombre de moyens financiers", souligne M. Chauvin. En retour, "nous espérons une rentabilité à moyen terme, d'ici trois à cinq ans", prévoit le directeur général de JET. En pratique, la chaîne de jeux vivra des recettes tirées d'une "économie mixte" additionnant publicité, appels téléphoniques surtaxés, SMS et Internet.
A l'antenne, reprenant le modèle à succès de la chaîne américaine Game Show Network (GSN), JET fera alterner des jeux interactifs, où les téléspectateurs appellent en direct ("call TV"), des rediffusions de jeux télévisés cultes tels "L'académie des neuf" ou "Anagram", et des émissions interactives, via notamment une adaptation du jeu "Qui veut gagner des millions ?". Ce jeu fait déjà florès sur le site Internet de TF1 (tf1.fr), où 6 000 parties sont engagées chaque jour, soit 1,6 million de parties jouées depuis le début de l'année.
PAS DE JEUX DE CASINO
Avec JET, TF1 va pousser les feux de sa nouvelle stratégie de convergence. Le site Internet www.jet.tv sera lancé en même temps que la chaîne. Il mettra en ligne le flux d'émissions en direct et une offre de vidéo à la demande.
En revanche, chez TF1 on affirme qu'il "n'y aura pas de jeux de casino" ou de paris en ligne sur JET. "Nous n'allons pas nous transformer en Partouche ou en Barrière", deux des principaux casinotiers français.
En lançant JET, TF1 espère couper l'herbe sous le pied de la concurrence. Notamment celle de M6, qui avait elle aussi un projet de chaîne de jeux dans ses cartons. A l'étude depuis un an, il aurait été désormais mis de côté. M6 estime que ces chaînes "ont des modèles de revenus qui nécessitent une diffusion auprès d'un énorme bassin de population". A l'examen, la zone de chalandise de JET, alimentée principalement par les abonnés de Canalsat et du câble serait "tout juste suffisante" pour faire vivre une chaîne.
Outre M6, le groupe casinotier Partouche a lui aussi reporté provisoirement son projet de chaîne de jeux. Officiellement, le lancement de Cash TV, prévu en mai 2006, a été retardé à "cause de la fusion entre Canal+ et TPS", explique Frédéric Vinzia, président de Partouche Interactive, filiale du casinotier. La chaîne verra éventuellement le jour lorsque "le nouveau plan de service" de Canalsat sera connu, après sa fusion avec TPS, avance prudemment M. Vinzia.
En fait, ce "report temporaire" de Cash TV, qui vise ouvertement, elle, une offre de jeux de casino, serait lié aux actuels démêlés judiciaires des sites de jeux et paris en ligne, de part et d'autre de l'Atlantique. Guy Dutheil | | Pas de commentaire pour cet article |
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