En 2008, un centre unique en France va ouvrir ses portes à Nantes pour mieux comprendre le phénomène de la dépendance des joueurs accrocs aux jeux. L'objectif de ce centre de recherche est de pouvoir mieux comprendre qui se cache derrière un joueur compusif: cadres supérieurs, femmes, retraités, RMistes, hommes? De plus, ce centre permettra de connaître les raisons des joueurs qui ont sombré dans le jeux et évaluer le nombre en France d'accrocs aux jeux d'argent.
Ce centre de recherche est le premier centre en France à se pencher sur la question de l'addiction au jeu. La prise en charge des patients est largement insuffisante et on estime entre 600 000 et 1,5 million de joueurs dépendants au jeu. Il n'existe aucune étude précise sur ce phénomène de jeu et sur les problèmes sociaux. Ce centre de recherche permettra de faire une photographie précise sur les joueurs dépendants en France. Ainsi, trois chercheurs travailleront sur le problème d'addiction et le centre sera entièrement indépendant. Doté d'un budget d'un million d'euros sur trois ans, les chercheurs pourront recevoir des joueurs accrocs au jeu venus en consultation et voir les lieux dans lesquels les joueurs se rendent: casinos, cercles de jeux de poker, bar PMU, etc.
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Le Pr Michel Lejoyeux, chef de service à l'hôpital Bichat, indique que "le cerveau d'un joueur compulsif n'allume pas les mêmes zones qu'un non joueur dans la même situation". La médecine ne comprend pas encore les mécanismes et les facteurs qui incitent une personne à la dépendance et pas une autre personne. En revanche, ce qui est certain est que l'addiction aux jeux est similaire à celles des accrocs à la drogue ou à l'alcool. Un jour excessif n'est plus simplement une personne qui joue aux jeux de tables comme autrefois. Aujourd'hui, les machines à sous et les jeux de grattage de la Française des Jeux (morpion, dédé, le Millionaire, Tac-o-Tac, etc) incitent aussi bien les femmes que les jeunes à jouer. De plus, les milieux modestes sont de plus en plus dépendants aux jeux et consultent les établissements spécialisés pour essayer de décrocher. Cette addiction commence par un gros gain et le joueur pense pouvoir maîtriser la chance et avoir le dessus sur elle. Or, ce n'est pas le cas et le joueur se trouve confronté à des dépressions et des tentatives de suicides avant d'être mis sous curatelle.
Aujourd'hui, en France, il existe seulement dix unités de soins spécialisées dans l'addiction au jeu. Le centre médical de Nantes devra former des médecins sur le repérage des comportements à risque. Cette décision d'ouvrir un centre spécialisé à Nantes permettra de mieux cerner le problème d'addiction au jeu...il était temps!
(NDLR: pour ceux qui souhaitent avoir des renseignements sur le jeu compulsif, une rubrique lui est entièrement consacrée. Cliquez ici)