Les casinos terrestres
ne sont pas uniquement des lieux de jeux dans lesquels les joueurs
misent aux machines à sous,
video poker ou
s’installent à des tables de baccarat, roulette ou
black-jack. Les casinos
réels sont des lieux de vie et sont des complexes de loisirs
qui allient aussi bien le jeu que le divertissement (entendons par
divertissement des animations comme des concerts,
théâtre ou cinéma NDLR). Les
établissements de jeux sont impliqués dans la
culture et ce phénomène s’est beaucoup
accru grâce à des dispositions fiscales et
législatives. En effet, il faut remonter au
siècle dernier, le 15 juin 1907, pour connaître
les obligations des casinos qui se doivent de remplir trois
conditions : les jeux, la restauration et
l’animation. D’ailleurs, l’une des
conditions pour ouvrir un casino était de se trouver dans
une station themales ou balnéaire. Par exemple, le casino du
groupe Partouche qui se trouve en plein cœur de Lyon, Le
Pharaon, ne respecte pas cette condition tout comme la ville de
Toulouse ou de Lille. Mais l’amendement Chaban a
permis aux agglomérations de plus d’un demi
million d’habitants la possibilité
d’ouvrir des casinos, ce qui explique
l’activité légale des casinos dans ces
villes.
Dans les années 1970, les activités culturelles
des villes faisaient de l’ombre aux casinos qui avaient
besoin d’une impulsion nouvelle pour relancer
l’activité quelque peu morose. Ainsi,
l’arrivée des machines à sous, en 1987,
et l’amendement Chaban ont changé la donne et une
nouvelle ère était en marche. Les casinos
devînrent des lieux de festivités et les joueurs
se ruèrent sur les machines à sous pour
décrocher le jackpot. Les casinos se sont
transformés en véritables complexes de loisirs.
En 1995, les casinos bénéficient d’un
abattement de 5% sur le produit brut des jeux en cas
d’investissements hôteliers et de 5 %
supplémentaires « au titre du
déficit résultant des manifestations artistiques
de qualité (MAQ) qu'ils
organisent ». Plusieurs
ministères travaillent main dans la main pour
contrôler ces manifestations artistiques de
qualité comme les ministères de la Culture, des
Finances et de l'Intérieur.
Ainsi, depuis douze ans, Deauville accueille le Festival de
Pâques qui aura lieu du 19 avril au 4 mai 2008. Des
spectacles de danses, des expositions de peintures et scultures, des
concerts (avec notamment Jean-louis Aubert, ancien chanteur du groupe
Telephone), et bien d’autres événements
sont prévus.
Le
groupe Barrière est
très impliqué dans les actions culturelles et de
nombreux projets sont financés par ce groupe à la
tête de 32 casinos en France. Lors du Festival du
cinéma américain, Barrière met a
disposition 2700 nuitées sans compter les 600
nuitées pour le cinéma aisatique. Les casinos
sont de plus en plus solicités pour des actions culturelles
et le mécénat se développe
à la vitesse grand V. Le groupe
Barrière n’est pas uniquement concerné
par ce phénomène de mécénat
mais les autres groupes de casinos le sont. Le Cesar Palace du
groupe Moliflor, troisième opérateur de casinos
en France, soutient sur les plans logistique et financier le Festival
des artistes de cirque de Saint-Paul-Lès-Dax pour la
huitième saison consécutive.
Quant a Partouche, il met la main à la poche pour soutenir
le festival de Jazz à Juans-les-Pins (400 000 euros),
Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence (500 000 euros), Festival de
la magie de Forges-les-Eaux (150 000 euros).
Les casinos sont si sollicités pour parainner un
événement culturel qu’ils ont leur
propre département artistique en charge de la gestion des
projets. Le groupe Barrière gère 1200 spectacles
par an et est devenu producteur et constructeur de salle. Les casinos
de Lille et Toulouse sont des complexes de loisirs qui prennent en
compte des événements d’importance pour
attirer les touristes et organiser des spectacles ou des concerts de
qualité. Le
Casino
Théâtre Barrière de Toulouse peut
accueillir 1 200 personnes dans plus de 14 000 mètres
carrés de surface. Quant au
Pasino du Havre, le projet de
création de Biennale d’art que le maire a
confié personnellement au groupe leader des casinos
français, Partouche va débourser 1 million
d’euros.
Les groupes de casinos Partouche et Barrière
dépensent 15 millions d’euros chacun dans des
projets culturels afin d’avoir un retour en terme
d’image. L’organisation de tels
événements attirent seulement 25% des clients
vers les jeux de machines à sous ou les jeux traditionnels
de casinos.
Les casinos français financent des
événements culturels par le jeu. Cette initiative
va-t-elle redorer le blason des casinos ? Affaires
à suivre.