Les jeux sont-ils faits
dans le monde des casinos terrestres ? Existe-t-il un
favoritisme entre les casinos appartenant à de grands
groupes de casinos et les petits casinos
indépendants ? Faut-il avoir des liens avec la
politique pour obtenir l’autorisation
d’exploitation des machines à sous ? Bien
des questions subsistent dans l’univers impitoyable du jeu.
Casinoweb avait écrit plusieurs papiers sur les cercles de
jeu qui sont dans la ligne de mire de la justice française
(lire
article
du 5 mars). Ou bien l’affaire du casino de de
Gujan-Mestras (Gironde) qui avait fait couler beaucoup
d’encre dont Bernard Laporte, secrétaire
d’Etat aux Sports, était au centre d’une
plainte pour « tentative d’extorsion de
capital » mais l’affaire a
été classée (
article
du 8 mars 2008). D’ailleurs ce petit casino fait
encore parler de lui et se trouve à la une de la presse
quotidienne. En effet, la chambre de l’instruction de Paris a
examiné une plainte pour favoritisme
déposée par la directrice du casino de
Gujan-Mestras, Frédérique Ruggieri, contre le
ministère de l’Intérieur, tutelle des
jeux, et Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux
Sports. Décidement, le courant ne passe pas
entre l’ancien entraîneur du XV de France
et le casino de Gironde. Le parquet s’oppose aux poursuites
alors que Françoise Desset, juge d’insruction
saisie, est favorable. Dans ce cas, seule la cour d’appel
tranchera.
Pour bien comprendre pourquoi Frédérique Ruggieri
remue ciel et terre pour faire valoir ses droits, il faut remonter
à l’année 2003. Depuis cette
année là, la directrice a obtenu par trois fois
la condamnation de l’Etat devant le tribunal administratif.
Depuis plusieurs années, la gérante du casino
compte obtenir des machines à sous
supplémentaires pour son casino. Or le ministère
de l’Intérieur trouve un tas de
prétextes pour ne pas satisfaire sa demande. Les casinos
vivent principalement des recettes des machine à sous qui
est le jeu de casino le plus demandé. Près de 90%
des recettes d’un casino proviennent des bandits manchots. Ce
casino de Gironde compte aller jusqu’au bout dans son combat
pour l’obtention de nouvelles machines à sous car
des casinos de la région ont eux bien reçu de
nouveaux « slot machines ». Par
exemple, le casino de Bordeaux appartenant au groupe
Barrière a reçu un supplément de
cinquante machines à sous portant le nombre total
à 300 machines. Dominique Desseigne, PDG du
groupe Barrière, fait partie des amis intimes du
Président de la République, Nicolas Sarkozy.
Quant au
casino
de Lacanau, ancien casino de Bernard Laporte, il a eu
l’autorisation de recevoir quinze nouvelles machines
à sous. Contrairement à ces deux casinos, le
casino de Gujan-Mestras s’est vu refuser d’autres
bandits manchots sous prétexte que le chiffre
d’affaires de son casino concurrent direct, le casino
d’Arcachon (
groupe
Partouche), a diminué de 20%. Fruit du
hasard, le casino d’Arcachon appartient à un autre
ancien ami du president, Enrico Macias, qui a eu le plaisir de
fêter la victoire de Sarkozy lors des élections
présidentielles. A croire qu’il existe deux
politiques en matière d’attribution de machines
à sous. D’un côté, les amis
fidèles du président dont les grands groupes de
casinos bénéficient rapidement des autorisations
et les casinos indépendants qui doivent s’acharner
pour obtenir gain de cause.
L’existence du
casino de
Gujan-Mestras est en jeu puisque l’année
dernière, le casino a subit une perte de 200 000 euros. Ce
casino tourne avec seulement cinquante machines à sous, ce
qui reste un nombre ridicule par rapport à la taille de ce
casino. De plus, lorsque Sarkozy était ministre de
l’Intérieur, en 2003, il avait signé
avec le lobby des casinos une clause mentionnant que les casinos qui
exploitaient les jeux de tables pouvaient obtenir plus de 50 machines
à sous. Le casino de Gujan-Mestras répondait donc
à cette mesure mais rien n’a
été fait pour lui octroyer davantage de machines
à sous. Pourtant, l’avis favorable du
préfet n’a rien changé et, jeudi
passé, le tribunal administratif de Bordeaux a
condamné le ministère au motif
d’obstruction et met en danger la
perénnité du casino.
Ce dossier épineux prouve qu’il existe un
sérieux favoritisme pour les casinos appartenant
à des grands groupes de casinos. Les casinos
indépendants doivent sans cesse se battre pour faire valoir
leur droit et obtenir gain de cause. A croire que l’obtention
de machines à sous ne se base pas sur le respect de certains
critères mais du copinage avec les plus hautes
sphères de la classe politique. Affaire à suivre.