Qui a dit que le poker
n’avait pas sa place au casino ? Le
Texas
Hold’em poker arrive au bon moment pour les casinos
terrestres français qui souffrent des interdictions de fumer
et le contrôle d’identité aux portes des
casinos. Ces mesures ont entraîné une chute de
fréquentation des casinos français en mal
d’idées pour relancer le marché. La
frénésie du poker importé par
l’acteur-chanteur, Patrick Bruel commentant sur Canal Plus
des tournois du
WSOP,
a contaminé les français à ce jeu de
cartes. Le monde entier, notamment les français,
s’est découvert une nouvelle passion et ce qui
était mal vu par le passé est devenu «
tendance » aujourd’hui. Sortir sa malette de poker,
son ipod, ses lunettes de soleil, son objet fétiche ou
gri-gri au cours d’une partie de poker est entré
dans les moeurs des amoureux de poker. Fini les parties de monopoly ou
de Trivial Pursuit entre amis, le jeu « in » est le
poker.
Cette pokermania se traduit par des faits concrets. Hormis la
médiatisation flagrante du texas hold’em sur
toutes les chaînes de télévision dont
les concepts diffèrent les unes des autres, les clubs de
poker poussent comme des champignons. Ces clubs de poker se
créént tous les jours en France et ont pour but
de réunir dans un local les amoureux du «
tableau
» et du bluff . Ces aficionados du poker se retrouvent entre
amis pour partager cette passion qui a débuté en
2005. D’ailleurs, la Fédération
française pour le développement du poker (FFDP)
comptait en 2007 18 clubs et 300 licenciés. En mars 2008, le
FFDP compte 72 clubs et plus de 2000 licenciés de poker. Je
vous ai bien dit que la pokermania coule dans les veines des
français et ce n’est qu’un
début !
Le business du poker est extrêmement important et il vous
suffit de vous pointer chez le marchand de journaux du coin pour en
prendre la mesure. Les magazines spécialisés
comme
CardPlayer prennent une
place majeure sur les étagères et il y en a pour
tous les niveaux : du joueur débutant au joueur
confirmé. Les français aiment le poker et il n y
a qu’à voir le palmarès des meilleurs
joueurs de poker du monde pour voir apparaître des des noms
« frenchy » figurant dans le haut du tableau.
Pourtant la France interdit les salles de poker en ligne sur son
marché à cause de sa position ambigue sur son
monopole d’Etat. Ce mois ci, la France devra rendre public
les conclusions de la mission relative à l'ouverture des
jeux d'argent et de hasard. Bruno Durieux, inspecteur
général des finances, s’est vu
confié, le 27 novembre 2007, par le premier
ministre, François Fillon, cette mission
compliquée. La Commission Européenne attend avec
impatience cette explication tardive qui devait lui être
remise en 2007. La France a joué la montre et a
retardé au maximum pour préparer son offensive.
Quant au ministre du budget Eric Woerth, il a mandaté Alain
Bauer, criminologue, pour expliquer les conséquences
d’une eventuelle libéralisation des jeux en ligne.
Le feu vert du ministère de l’Intérieur
aux casinos francais d’exploiter le filon du poker est un
ballon d’oxygène pour les finances des casinos. En
effet, les casinos ont vu le taux de fréquentation
à la hausse grâce à ce jeu de cartes
qui attire une clientèle nouvelle et jeune. Patrick
Partouche estime une hausse de 40% des jeux traditionnels (jeux de
tables comprenant la boule, baccarat, blackjack, poker) en 2007. Les
jeunes qui se sont initiés sur des tables de poker en ligne (
Titan
Poker est leader des salle de poker en ligne en Europe ndlr)
viennent affronter leurs adversaires lors de parties de poker
réel. Ce n’est pas un hasard si les deux
maîtres du jeu en France, les groupes Partouche et
Barrière
se sont lancés dans une guerre sans merci au poker avec
leurs tournois « Poker Tour ». En septembre,
l’ancien roi du football français qui
s’est fait remarqué aussi bien par ses buts
spectaculaires que ses gestes virils, Eric Cantona, remettra en mains
propres le chèque au vainqueur du
Partouche
Poker Tour. De nombreux tournois satellites (au total 2400
tournois de poker) se jouent actuellement dans les casinos du groupe et
donnent accès à des qualifications pour le
tournoi final ou Main Event. Pour ceux qui veulent y accéder
sans passer par les phases qualificatives, il faudra sortir le carnet
de chèque ou la carte Premium : coût : 8500 euros.
Les clubs de poker ne peuvent pas mettre en jeu de l’argent
et tout doit être gratuit. D’ailleurs, les
Renseignements Généraux (les fameux RG)
fréquentent ces clubs pour voir si il n’y a pas
d’argent en jeu. En revanche, les joueurs peuvent
légalement gagner des lots comme des t-shirts, des jetons de
poker ou des malettes, etc.
Il est évident que des tournois se jouent tous les jours
avec de l’argent car comme le disent souvent les vrais
joueurs de poker « il n’y a pas d’enjeu
sans argent » et les joueurs en
poker
play money est plus adapté à une
clientèle débutante.
Le poker a encore de beaux jours devant lui et donne des couleurs aux
casinos de l’hexagone.