L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a rendu un rapport sur l’évolution de l’addiction au jeu. L’Inserm s’est penché sur différents dossiers établis à l’étranger et il s’avère que le rapport est consternant. Les Etats-Unis et l’Australie détiennent la palme d’or avec 5% de la population accroc au jeu. La Norvège arrive en queue de peloton avec 0.2% de la population. En moyenne, le taux de joueurs dépendants aux jeux se situe entre 1% et 3% de la population totale. En France, pas moins de la moitié des français- soit 30 millions de personne- assure avoir joué au moins une fois dans l’année soit à un jeu d’argent (
casino en ligne, poker, PMU) ou un jeu de hasard (loto, keno, ticket de grattage, etc).
Il est dur de dresser le profil type du joueur dépendant bien que certains points reviennent souvent. Sur le plan social, le milieu est plutôt défavorisé ou d’un milieu économique relativement bas. La plupart des joueurs accrocs au jeu est un homme peu intégré et assez jeune qui pour 60% des cas fument et 50% des cas boit de l’alcool. La dépendance au jeu a souvent des liens avec d’autres drogues comme les boissons alcoolisées ou le tabac. Les joueurs dépendants ne maîtrisent pas leur comportement et pensent souvent maîtriser le jeu. En effet, un joueur dépendant aura tendance à jouer durant des heures sur une machine à sous pensant pouvoir maîtriser la machine qui engloutit des sommes folles au fur et à mesure que le temps passe. Le joueur dépendant sera convaincu qu’il récupèrera ses mises et continuera donc de miser au delà de l’entendement.
Il est difficile de dire que l’addiction au jeu est similaire aux troubles de l’alcool ou de la drogue car les joueurs pathologiques souffrent souvent de plusieurs troubles en même temps. Comme nous l’avons dit précédemment, un joueur accroc au jeu aura aussi un problème d’alcool ou bien de tabac et ces troubles rendent le joueur plus sujet au besoin de jouer. Le jeu est en fait l’expression d’un mal-être du joueur. Pour d’autre joueurs qui n’ont aucun lien avec une autre addiction, le fait de jouer modifie le fonctionnement du système nerveux.
L’addiction au jeu n’est pas uniquement des
jeux de casino, de poker, grattage, FDJ ou PMU mais aussi les jeux video et internet également. Il est dur de mesurer de manière précise l’ampleur de l’addiction mais des centaines d’études ont été réalisées à travers le monde. Une enquête de grande ampleur devrait permettre de savoir les populations touchées par l’addiction.
Selon les expert, les jeux en ligne sont sujet à plus encourager les joueurs à miser pour différentes raisons. Le fait d’être confortablement installé dans un fauteuil, l’anonymat garantie par les salles de jeux en ligne, la simplicité d’accès au jeu sont des facteurs qui incitent le joueur à télécharger un logiciel de jeu en ligne et jouer à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit.
La dépendance varie d’un jeu à un autre. Par exemple, les jeux comme les machines à sous sont addictives dans la mesure où le joueur connaît en quasi temps réel si il a gagné ou perdu. Plus le délai de jeu entre la mise et le gain est court, plus la fréquence de jeu est élevée et donc plus les risques d’addiction sont grandes. D’ailleurs, la France a décidé d’interdire les jeux de machines à sous dans les casinos en ligne en 2009 dès lors que le jeu en ligne sera légiféré. Les machines à sous ne pourront être accessibles aux internautes français à cause de cette dépendance au jeu. De plus, l’Etat avait demandé à la Française des Jeux (FDJ) d’espacer le temps des tirages au sort du jeu de Rapido justement à cause de cette fréquence de jeu. Toutes les cinq minutes un tirage au sort avait lieu et de nombreux joueurs montraient des signes de dépendance à l’égard de ce « loto version accélérée ».
Les maux de la dépendance au jeu sont terribles pour le joueur et la famille des joueurs. Sur le plan financier, les joueurs pathologiques sont souvent confrontés à des problèmes financiers et de surendettement. Les problèmes familiaux ou de divorces sont fréquents et le jeu entraîné des dégradations de relations au sein de la famille et des amis. Dans les cas extrêmes, les joueurs accrocs au jeu se donnent la mort à cause de l’impossibilité de rembourser des dettes ou de faire face à ses problemes sociaux ou conjugaux.
En matière de prévention, le Canada a une longueur d’avance sur les autres pays du monde et un laboratoire spécialisée dans l’addiction au jeu permettra de mieux étudier ce phénomène (lire "
Casino: un laboratoire pour joueur compulsif"). Au royaume de l’orignal, 25 à 30% des pertes d’emploi ou faillite personnelle est lié au jeu et seul 10% des joueurs compulsifs demandent à être aidés. Bon nombre de joueurs dépendants ne se déclarent pas comme étant accroc au jeu et refuse d’accepter leur maladie.
Une étude sur 25 000 personnes devrait bientôt avoir lieu afin de mieux cerner les problèmes et surtout voir comment éviter l’irréparable. Le jeu doit rester avant tout un divertissement et en aucun cas une drogue.
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