Cannes est sous les feux des projecteurs ce week-end non pas pour son festival internalionalement connu mais pour la finale du
Partouche Poker Tour (PPT). Le groupe numéro un des casinos de France a lancé en début d’année le fameux PPT qui a attiré pas moins de 24 000 joueurs. qui se sont donnés rendez-vous dans les nombreux casinos du groupe pour se qualifier à la table finale par le biais de tournois satellites. Ces tournois de qualifications ont permis à une centaine de joueurs de gagner leur place pour le dernier round qui aura lieu ce week end. Les joueurs professionnels ou aisés entrent directement dans le tournoi final en s’acquitant de la modique somme de 8 500 euros. Des joueurs professionnels de dimension internationale seront présents au Partouche Poker Tour notamment Phil Ivey ou Gus Hansen (le danois qui fait tant craquer la gente féminine). Bien évidemment, une grande figure française du poker (qui a un public féminin dès lors qu’il se « casse la voix ») sera de la partie : Patrick Bruel.
Le groupe Partouche a fait un gros travail de lobby auprès des pouvoirs publics pour faire entrer les tables de poker dans les casinos de France. Le gouvernement a accepté à la fin 2007 d’autoriser les casinos de proposer le jeu de poker dans leurs établissements. Jackpot assuré pour les casinotiers qui voit dans le jeu de poker un nouveau relais de croissance.
Cette faveur du gouvernement a donné un bol d’oxygène aux casinotiers en mal depuis les lois en vigueur contre le tabac et le contrôle d’identité des joueurs à l’entrée des casinos. Pis, la baisse du pouvoir d’achat a entraîné une baisse drastique de la fréquentation des joueurs dans les casinos de l’hexagone.
Face à un taux de fréquentation en berne, les casinos Partouche ont décidé de faire parler d’eux en misant à fond sur la communication du Partouche Poker Tour. Ainsi, le groupe a mis en place tout un plan média pour faire du bruit sur cet événement. Ainsi, Eric Cantona, en personne, remettra un chèque d’un million d’euro au vainqueur du PPT. Le groupe Partouche n’a pas lésiné sur les moyens pour s’offrir comme ambassadeur de marque l’ex star de Manchester United, « Eric the King » (surnom d’Eric Cantona en Angleterre ndlr). Mondialement connu, le joueur au « col relevé » des Diables Rouges contribue à l’image du groupe numéro un des casinos en France (en terme de quantité et non pas de produit brut des jeux ndlr).
Le poker est le fer de lance des casinos. Le groupe Partouche a embauché 320 croupiers pour animer les tables de poker. Ce jeu est devenu un jeu de casino à part entière et les joueurs s’affrontent entre eux. Au poker, le casino prélève 4% des enjeux, ce qui représente un million d’euros de chiffres d’affaires mensuel qui entrent dans les caisses du groupe.
Hormis le fait que les casinos gagnent de l’argent grâce au poker, le texas hod’em poker (variante la plus jouée ndlr) attire une nouvelle clientèle dans les casinos. Les amateurs de poker sont jeunes et il met le pied à l’étrier des joueurs pour découvrir d’autres jeux de casino. Un joueur ne trouvant pas de place à une table de poker et s’inscrivant à une liste d’attente aura le temps de jouer à une machine à sous ou s’asseoir à une table de baccarat ; de roulette ou de blackjack le temps qu’une place se libère. Bon nombre de joueurs qui se rendent dans des casinos pour jouer au poker ne mettaient pas les pieds dans les casinos auparavant. Grâce au jeu de texas hold’em, l’activité des jeux de table ont fait un bond de l’ordre de 40% ; du jamais vu depuis plus de vingt ans.
La concurrence est rude dans le milieu du poker, tout comme dans l’indutrie du casino, et le groupe Barrière n’est pas resté les bras croisés. Le groupe Barrière a aussi lancé son propre tournoi, nommé le Barrière Poker Tour, et fin 2009, une grande finale se déroulera au casino d’Enghien-les-Bains. Le but des ces mastodontes des casinos de France est d’imposer une marque et une image avant que le marché du casino et du
poker en ligne soit légalisé en France.
La bataille dont ces deux groupes se livrent dans le monde réel se transposera probablement dans le monde virtuel. L’industrie du jeu en ligne n’est qu’à ses prémices et la concurrence Barrière-Partouche n’est pas près de s’arrêter. Affaire à suivre.