Guy Benhamou, Directeur du casino Le Pharaon
Casinoweb a eu le plaisir de rencontrer, Monsieur Guy Benhamou, directeur du casino Le Pharaon à Lyon en présence de Monsieur Maurice Schulmann, Directeur marketing & Communication du groupe Partouche ainsi que Monsieur Vincent Chutin, Responsable Marketing & Communication du casino Le Pharaon. Situé à la Cité Internationale, le casino Le Pharaon nous a ouvert ses portes dans un superbe décor égyptien et nous en profitons pour les remercier, une fois de plus, pour leur accueil chaleureux.
Casinoweb: Interdiction de fumer, contrôle à l'entrée des casinos, crise économique. Racontez-nous cette année 2008?
Guy Benhamou: L'année 2008 n'a pas été une bonne année aussi bien pour mon casino que pour l'ensemble de la profession. C'est vrai que l'on avait pu anticiper la cigarette, on avait pu anticiper le contrôle aux entrées, malheureusement pas la conjoncture économique. Et ça, ça nous a causé un gros problème.
Casinoweb: Selon vous, quel facteur a-t-il eu le plus d'impact sur la baisse de l'activité de votre casino?
Guy Benhamou: Je serai plus sensible à dire que c'est l'interdiction de fumer qui m'a le plus pénalisé mais c'est tellement compliqué de faire ce distingo entre la crise et l'interdiction de fumer que ce n'est pas facile d'évaluer. Mais je pense que l'interdiction de fumer en est la cause principale, je le vois pour mes gros clients qui étaient habitués à jouer aux video poker et qui eux sont aficionados de la cigarette et du jeu en même temps. On a pourtant ouvert un fumoir dans l'établissement mais néanmoins ça n'a pas le même attrait que d'allumer sa cigarette devant la machine. J'ai perdu de gros clients.
Casinoweb: Quel est le bilan en cette année 2009? Une amélioration?
Guy Benhamou: Non il n'y a eu aucune évolution car on a pris la crise de plein fouet. Le plus compliqué dans notre métier, c'est la visibilité sur le long terme. J'ai pour habitude de prendre l'exemple du magasin où il y a moins de monde, il solde à -50% pour doper sa clientèle. Nous n'avons pas cette possibilité de vendre des jetons à 50 centimes ou un euro pour attirer des joueurs donc il faut trouver aujourd'hui les leviers pour surmonter cette crise, c'est le plus difficile mais on travaille dessus.
Casinoweb: Le Casino Le Pharaon était en 2007 classé 13ième parmi les 197 casinos de France. Y a t'il eu une evolution dans le classement?
Guy Benhamou:Oui, on a gagné une place. Nous sommes désormais à la 12ième place des casinos de France.
Casinoweb: Quels sont les jeux de casinos qui ont le plus soufferts de la crise et ceux qui arrivent à sortir du lot?
Guy Benhamou: Les machines vidéo poker sont les machines ayant le plus souffert de la crise. En revanche, les machines à sous à petites mises sortent du lot, à 1 centime, 5 centimes ou 10 centimes arrivent à générer du trafic.
Casinoweb: Avez-vous constaté un changement de comportement des joueurs: affluence sur les jeux à faibles mises, diminution des budgets, les joueurs espacent leur visites, etc
Guy Benhamou: Aujourd'hui, on a le sentiment que l'on n'a pas perdu sur la fréquentation, on a perdu sur le pouvoir d'achat. On a quasiment la même clientèle d'une année sur l'autre, on peut avoir une perte de fréquentation de 2 points ce qui peut paraître anodin mais l'ensemble des joueurs ne jouent plus les mêmes sommes. Aujourd'hui, celui qui jouait 50 euros n'en joue plus que 20, celui qui jouait 500 euros ne joue plus que 200 parce que la crise les inquiète, et ils n'ont plus cette vision du jeu où on allait investir pour faire de gros coups. Les joueurs restent moins longtemps bien qu'ils viennent aussi régulièrement qu'auparavant. Le laps de temps devant une machine va être plus court qu'auparavant et dès que les joueurs gagnent un peu ils partent.
Casinoweb: Qu'avez-vous mis en place pour attirer des nouveaux joueurs ou fidéliser votre clientèle existente?
Guy Benhamou: Le jackpot multisites (soit le Partouche Mégapot qui relie des machines à sous de tous les casinos du groupe et une partie des mises des joueurs est destinée à la cagnotte commune ndlr) a été mis en place en décembre dernier et deux gros gagnants ont remporté ce jackpot progressif: une gagnante à Palavas-les-Flots qui a gagné plus de 2 millions d'euros et une autre récemment à Annemasse plus de 3,2 millions d'euros. Quand on sait que la mise maximale est de 2,5 euros, ca ouvre des perspectives et des horizons. Le Partouche Mégapot a été porteur. Notre coeur de métier est de nous occuper des clients, le service adressé aux clients est très important, à partir du moment que je ne vends rien aux clients, le service passe par l'accueil, savoir recevoir, offrir à boire ou à manger, les faire profiter de tout ce que l'on a à côté c'est-à-dire des salles de spectacles, les recevoir quand il y a des événements. C'est en fait une attitude de bon père de famille quand on a un établissement. A plus forte raison en période de crise, on doit être plus attentifs à nos clients et mieux s'en occuper.
Casinoweb: Le jeu de poker est un succès en France et le Partouche Poker Tour a prouvé que les français sont des grands amateurs du Texas hold'em. Parlez-nous de la place du poker dans votre établissement? Comptez-vous ouvrir des tables supplémentaires de poker cette année?
Guy Benhamou: Aujourd'hui, la place du Texas holdem poker est importante. On a au minimum entre 4 et 6 tables de poker ouvertes tous les jours, avec des caves à 100 euros, 250 euros ou 500 euros. Donc, on a une belle offre de jeu, et c'est vrai que le poker m'a permis d'améliorer les résultats au niveau du produit brut de jeux de tables. Ce jeu a draîné une clientèle qui n'avait pas pour habitude de fréquenter les casinos. A l'ouverture des tables de poker, on donnait des bip aux joueurs en attente qu'une place se libère. Il s'est avéré que les gens restaient à côté des tables de poker. Quand on les appelait, on entendait leur bip sonner à trois mètres de nous. Les joueurs qui venaient jouer au poker ne s'intéressaient uniquement à ce jeu et rien d'autre. Aujourd'hui, l'évolution des mentalités a changé et ces nouveaux joueurs s'intéressent aux autres jeux: ils vont mettre quelques pièces au blackjack, aux machines à sous ou à la roulette. Pour nous, c'est très intéressant car on a touché une nouvelle clientèle qui élargit son offre de jeu et jouent aux jeux traditionnels et machines à sous. Il y a un engouement des français pour le jeu de poker et on organise régulièrement des tournois de poker. D'ailleurs, je pense que Internet a beaucoup contribué à son essor et le Net a servi d'excellent relais par rapport aux casinos en durs.
Casinoweb: Souvent l'image du jeu est associée à la dépendance. Pour certains, le jeu se résume à l'image réductrice de la dépendance et des vices. Quels sont les moyens mis en oeuvre dans votre casino pour prévenir la dépendance?
Guy Benhamou: C'est vrai que l'on ne peut pas nier que tous les excès font de la dépendance. Le jeu quand il est pratiqué comme une sortie, comme aller au cinéma ou au restaurant, il n'y a pas de souci. Mais dès que l'on va dans l'excès, c'est important, c'est grave, et notre rôle est d'essayer de les prévenir, empêcher les joueurs à tomber dans les excès. Dans mon établissement comme dans tous les casinos du groupe Partouche, nous avons mis en place des formations avec des sociétés telles que Adictel qui viennent former notre personnel à la « recherche » d'accrocs au jeu. Ce n'est pas notre rôle d'apporter des soins aux joueurs dépendants, nous ne sommes pas médecins, mais par contre les accompagner, voir avec eux quelle et la meilleure solution, les orienter vers des spécialistes. On peut leur dire de faire une pause de quelques mois, nous pouvons leur prendre rendez-vous chez un psychologue dont la première visite est à notre charge. Par la suite, c'est à eux de voir si ils veulent continuer ou pas dans cette voie. Les possibilités qui me sont offertes ne sont pas illimitées, on peut leur interdire l'accès au casino de manière temporaire, et l'avantage que l'on a est que l'on peut s'échanger des informations entre casinos du groupe et on peut élargir cette interdiction aux casinos des environs comme celui du Lyon Vert, Saint Galmier ou celui de Royat. On essaie de protéger ce joueur dans l'ensemble des casinos car ça ne servirait à rien que le client soit interdit au Pharaon et qu'il puisse jouer à 15 kilomètres.
Intervention de Maurice Schulmann, Directeur marketing et communication du Groupe Partouche: Juste une parenthèse sur ce point là (sur la dépendance au jeu ndlr). Comme vous pouvez l'imaginer, nous investissons des sommes considérables dans la prevention et ça fait une dizaine d'années que nous collaborons avec Adictel. Aujourd'hui, dans les chiffres « légaux » autour du jeu addictif, ça doit tourner au maximum autour de 5% de la masse des joueurs. Imaginez l'investissement du groupe Partouche. Oui, la dépendance est un fléau, oui c'est un véritable problème mais il ne faut pas oublier qu'il y a 95% des joueurs qui sont très heureux de venir jouer au casino, et qui viennent en profiter comme une consommation classique. C'est important de le noter car ça fait cinq ans que c'est la grande mode de l'addiction et je pense qu'il est beaucoup plus facile de tomber « addict » du jeu Rapido de la Française des Jeux qui sont disponibles dans tous les bars français plutôt que sur une machine à sous.
Casinoweb: Dans quelques mois, le marché du jeu en ligne sera ouvert en France. L'Autorité des régulation des jeux en ligne va octroyer des licences de jeu. Que pensez-vous de l'ouverture du marché du jeu en ligne sachant que des sites de poker en ligne seront autorisés (ceux bénéficiant de la licence française ndlr)?
Guy Benhamou: Si on a le même retour avec le jeu en ligne que le poker en ligne nous a draîné une nouvelle clientèle, on peut imaginer que l'on pourra toucher une clientèle qui nous échappait jusqu'à présent. Moi, cette clientèle du texas Hold'em poker, je ne savais même pas qu'elle pouvait exister. Je l'ai découvert le jour où on a ouvert des tables et les joueurs nous posaient des questions. Comme on l'a vu au début quand on a mis en place des tables de blackjack et de roulettes anglaises. Les joueurs disaient « c'est quoi ce jeu, je ne comprends pas, faut m'expliquer » et on s'attendait à avoir la même démarche commerciale vis à vis des clients. Mon personnel était moins aguerri que mes clients. Eux étaient depuis des années sur des sites de jeu en ligne et le poker en général et ces joueurs connaissaient déjà les règles et viennent jouer dans des casinos en durs. Aujourd'hui, j'ai le sentiments que tout le monde a peur d'internet, je dis que non et ça peut être un levier de croissance et d'une nouvelle fréquentation qu'on n'avait pas. Alors pourquoi ne pas tenter l'aventure.
Casinoweb: D'après vous, le poker en ligne est-il un concurrent de taille pour vous? Craignez-vous que le poker virtuel vous oblige à fermer des tables? Ou bien au contraire, le poker en ligne a permis de desacraliser le jeu de poker et a encourage les joueurs a se tester en version reel dans les casinos en dur?
Guy Benhamou: Ce n'est pas le but, on ne fermera pas de tables de poker à cause de la concurrence des salles de poker en ligne. On nous a posé la même question quand on a mis en place le jeu de machines à sous dont certains pensaient que ça allait impacter sur les jeux traditionnels. Au contraire, on met l'accent aujourd'hui sur le travail des jeux de tables, et ce n'est pas indissociables.
Casinoweb: Les sites de paris sportifs, poker en ligne et courses hippiques devraient être légalisés en 2010. Quant aux sites de casinos en ligne, rien n'est encore bien défini. Si le gouvernement légalise les sites de casinos sur internet, pensez-vous que la fin des casinos terrestres a sonné? Votre établissement sera-t-il en sursis?
Guy Benhamou: Je ne sais pas, il faut avoir un certain recul pour porter une analyse sur ça que je n'ai pas encore. Les jeux en ligne existent dans d'autres pays, peut être que l'offre des casinos en ligne sera différente, avec une clientèle différente, je ne sais pas. Laissons nous le temps d'analyser ça.
Casinoweb: En décembre dernier, le groupe Partouche a innové en lançant le Partouche Mégapot. Le jackpot progressif a été gagné 2 fois à Palavas-les-Flots et récemment au casino d'Annemasse. Avez vous ressenti dans votre établissement un sursaut de fréquence depuis la mise en place du Partouche Mégapot?
Guy Benhamou: Oui bien sûr. On avait peur au début de déplacer une clientèle des machines traditionnelles aux machines à sous aux jackpots progressifs. En définitive, c'est vrai que ça s'est fait mais on a attiré une clientèle, de par la communication faite autour de ces jackpots et de ces gagnants qui se sont sentis dire « et pourquoi pas moi? ». La communication sur la chance, qui peut tomber sur n'importe qui et n'importe quand, a encouragé les joueurs à miser sur le Partouche Mégapot.
Casinoweb: L'entretien tire à sa fin. Avez-vous un scoop sur votre casino à dévoiler aux nombreux lecteurs de Casinoweb.org?
Guy Benhamou: Non, je n'ai pas de scoop à dévoiler à Casinoweb.org, mise à part de dire « venez jouer, vous serez notre futur gagnant ».
Casinoweb: Merci Monsieur Benhamou de nous avoir accordé cette interview.
Guy Benhamou: Merci à vous.
© Casinoweb
ATTENTION
En vertu de l'article L 112-1 du Code de la Propriété intellectuelle, Casinoweb.org autorise la reproduction d’un très court extrait de ses articles (5 lignes maximum), aux conditions suivantes :
1) Citer Casinoweb.org comme la source de l’article,
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Casinoweb: Interdiction de fumer, contrôle à l'entrée des casinos, crise économique. Racontez-nous cette année 2008?
Guy Benhamou: L'année 2008 n'a pas été une bonne année aussi bien pour mon casino que pour l'ensemble de la profession. C'est vrai que l'on avait pu anticiper la cigarette, on avait pu anticiper le contrôle aux entrées, malheureusement pas la conjoncture économique. Et ça, ça nous a causé un gros problème.
Casinoweb: Selon vous, quel facteur a-t-il eu le plus d'impact sur la baisse de l'activité de votre casino?
Guy Benhamou: Je serai plus sensible à dire que c'est l'interdiction de fumer qui m'a le plus pénalisé mais c'est tellement compliqué de faire ce distingo entre la crise et l'interdiction de fumer que ce n'est pas facile d'évaluer. Mais je pense que l'interdiction de fumer en est la cause principale, je le vois pour mes gros clients qui étaient habitués à jouer aux video poker et qui eux sont aficionados de la cigarette et du jeu en même temps. On a pourtant ouvert un fumoir dans l'établissement mais néanmoins ça n'a pas le même attrait que d'allumer sa cigarette devant la machine. J'ai perdu de gros clients. Casinoweb: Quel est le bilan en cette année 2009? Une amélioration?
Guy Benhamou: Non il n'y a eu aucune évolution car on a pris la crise de plein fouet. Le plus compliqué dans notre métier, c'est la visibilité sur le long terme. J'ai pour habitude de prendre l'exemple du magasin où il y a moins de monde, il solde à -50% pour doper sa clientèle. Nous n'avons pas cette possibilité de vendre des jetons à 50 centimes ou un euro pour attirer des joueurs donc il faut trouver aujourd'hui les leviers pour surmonter cette crise, c'est le plus difficile mais on travaille dessus.
Casinoweb: Le Casino Le Pharaon était en 2007 classé 13ième parmi les 197 casinos de France. Y a t'il eu une evolution dans le classement?
Guy Benhamou:Oui, on a gagné une place. Nous sommes désormais à la 12ième place des casinos de France.
Casinoweb: Quels sont les jeux de casinos qui ont le plus soufferts de la crise et ceux qui arrivent à sortir du lot?
Guy Benhamou: Les machines vidéo poker sont les machines ayant le plus souffert de la crise. En revanche, les machines à sous à petites mises sortent du lot, à 1 centime, 5 centimes ou 10 centimes arrivent à générer du trafic.
Casinoweb: Avez-vous constaté un changement de comportement des joueurs: affluence sur les jeux à faibles mises, diminution des budgets, les joueurs espacent leur visites, etc
Guy Benhamou: Aujourd'hui, on a le sentiment que l'on n'a pas perdu sur la fréquentation, on a perdu sur le pouvoir d'achat. On a quasiment la même clientèle d'une année sur l'autre, on peut avoir une perte de fréquentation de 2 points ce qui peut paraître anodin mais l'ensemble des joueurs ne jouent plus les mêmes sommes. Aujourd'hui, celui qui jouait 50 euros n'en joue plus que 20, celui qui jouait 500 euros ne joue plus que 200 parce que la crise les inquiète, et ils n'ont plus cette vision du jeu où on allait investir pour faire de gros coups. Les joueurs restent moins longtemps bien qu'ils viennent aussi régulièrement qu'auparavant. Le laps de temps devant une machine va être plus court qu'auparavant et dès que les joueurs gagnent un peu ils partent.
Casinoweb: Qu'avez-vous mis en place pour attirer des nouveaux joueurs ou fidéliser votre clientèle existente?
Guy Benhamou: Le jackpot multisites (soit le Partouche Mégapot qui relie des machines à sous de tous les casinos du groupe et une partie des mises des joueurs est destinée à la cagnotte commune ndlr) a été mis en place en décembre dernier et deux gros gagnants ont remporté ce jackpot progressif: une gagnante à Palavas-les-Flots qui a gagné plus de 2 millions d'euros et une autre récemment à Annemasse plus de 3,2 millions d'euros. Quand on sait que la mise maximale est de 2,5 euros, ca ouvre des perspectives et des horizons. Le Partouche Mégapot a été porteur. Notre coeur de métier est de nous occuper des clients, le service adressé aux clients est très important, à partir du moment que je ne vends rien aux clients, le service passe par l'accueil, savoir recevoir, offrir à boire ou à manger, les faire profiter de tout ce que l'on a à côté c'est-à-dire des salles de spectacles, les recevoir quand il y a des événements. C'est en fait une attitude de bon père de famille quand on a un établissement. A plus forte raison en période de crise, on doit être plus attentifs à nos clients et mieux s'en occuper.
Casinoweb: Le jeu de poker est un succès en France et le Partouche Poker Tour a prouvé que les français sont des grands amateurs du Texas hold'em. Parlez-nous de la place du poker dans votre établissement? Comptez-vous ouvrir des tables supplémentaires de poker cette année?
Guy Benhamou: Aujourd'hui, la place du Texas holdem poker est importante. On a au minimum entre 4 et 6 tables de poker ouvertes tous les jours, avec des caves à 100 euros, 250 euros ou 500 euros. Donc, on a une belle offre de jeu, et c'est vrai que le poker m'a permis d'améliorer les résultats au niveau du produit brut de jeux de tables. Ce jeu a draîné une clientèle qui n'avait pas pour habitude de fréquenter les casinos. A l'ouverture des tables de poker, on donnait des bip aux joueurs en attente qu'une place se libère. Il s'est avéré que les gens restaient à côté des tables de poker. Quand on les appelait, on entendait leur bip sonner à trois mètres de nous. Les joueurs qui venaient jouer au poker ne s'intéressaient uniquement à ce jeu et rien d'autre. Aujourd'hui, l'évolution des mentalités a changé et ces nouveaux joueurs s'intéressent aux autres jeux: ils vont mettre quelques pièces au blackjack, aux machines à sous ou à la roulette. Pour nous, c'est très intéressant car on a touché une nouvelle clientèle qui élargit son offre de jeu et jouent aux jeux traditionnels et machines à sous. Il y a un engouement des français pour le jeu de poker et on organise régulièrement des tournois de poker. D'ailleurs, je pense que Internet a beaucoup contribué à son essor et le Net a servi d'excellent relais par rapport aux casinos en durs.
Casinoweb: Souvent l'image du jeu est associée à la dépendance. Pour certains, le jeu se résume à l'image réductrice de la dépendance et des vices. Quels sont les moyens mis en oeuvre dans votre casino pour prévenir la dépendance?
Guy Benhamou: C'est vrai que l'on ne peut pas nier que tous les excès font de la dépendance. Le jeu quand il est pratiqué comme une sortie, comme aller au cinéma ou au restaurant, il n'y a pas de souci. Mais dès que l'on va dans l'excès, c'est important, c'est grave, et notre rôle est d'essayer de les prévenir, empêcher les joueurs à tomber dans les excès. Dans mon établissement comme dans tous les casinos du groupe Partouche, nous avons mis en place des formations avec des sociétés telles que Adictel qui viennent former notre personnel à la « recherche » d'accrocs au jeu. Ce n'est pas notre rôle d'apporter des soins aux joueurs dépendants, nous ne sommes pas médecins, mais par contre les accompagner, voir avec eux quelle et la meilleure solution, les orienter vers des spécialistes. On peut leur dire de faire une pause de quelques mois, nous pouvons leur prendre rendez-vous chez un psychologue dont la première visite est à notre charge. Par la suite, c'est à eux de voir si ils veulent continuer ou pas dans cette voie. Les possibilités qui me sont offertes ne sont pas illimitées, on peut leur interdire l'accès au casino de manière temporaire, et l'avantage que l'on a est que l'on peut s'échanger des informations entre casinos du groupe et on peut élargir cette interdiction aux casinos des environs comme celui du Lyon Vert, Saint Galmier ou celui de Royat. On essaie de protéger ce joueur dans l'ensemble des casinos car ça ne servirait à rien que le client soit interdit au Pharaon et qu'il puisse jouer à 15 kilomètres.
Intervention de Maurice Schulmann, Directeur marketing et communication du Groupe Partouche: Juste une parenthèse sur ce point là (sur la dépendance au jeu ndlr). Comme vous pouvez l'imaginer, nous investissons des sommes considérables dans la prevention et ça fait une dizaine d'années que nous collaborons avec Adictel. Aujourd'hui, dans les chiffres « légaux » autour du jeu addictif, ça doit tourner au maximum autour de 5% de la masse des joueurs. Imaginez l'investissement du groupe Partouche. Oui, la dépendance est un fléau, oui c'est un véritable problème mais il ne faut pas oublier qu'il y a 95% des joueurs qui sont très heureux de venir jouer au casino, et qui viennent en profiter comme une consommation classique. C'est important de le noter car ça fait cinq ans que c'est la grande mode de l'addiction et je pense qu'il est beaucoup plus facile de tomber « addict » du jeu Rapido de la Française des Jeux qui sont disponibles dans tous les bars français plutôt que sur une machine à sous.
Casinoweb: Dans quelques mois, le marché du jeu en ligne sera ouvert en France. L'Autorité des régulation des jeux en ligne va octroyer des licences de jeu. Que pensez-vous de l'ouverture du marché du jeu en ligne sachant que des sites de poker en ligne seront autorisés (ceux bénéficiant de la licence française ndlr)?
Guy Benhamou: Si on a le même retour avec le jeu en ligne que le poker en ligne nous a draîné une nouvelle clientèle, on peut imaginer que l'on pourra toucher une clientèle qui nous échappait jusqu'à présent. Moi, cette clientèle du texas Hold'em poker, je ne savais même pas qu'elle pouvait exister. Je l'ai découvert le jour où on a ouvert des tables et les joueurs nous posaient des questions. Comme on l'a vu au début quand on a mis en place des tables de blackjack et de roulettes anglaises. Les joueurs disaient « c'est quoi ce jeu, je ne comprends pas, faut m'expliquer » et on s'attendait à avoir la même démarche commerciale vis à vis des clients. Mon personnel était moins aguerri que mes clients. Eux étaient depuis des années sur des sites de jeu en ligne et le poker en général et ces joueurs connaissaient déjà les règles et viennent jouer dans des casinos en durs. Aujourd'hui, j'ai le sentiments que tout le monde a peur d'internet, je dis que non et ça peut être un levier de croissance et d'une nouvelle fréquentation qu'on n'avait pas. Alors pourquoi ne pas tenter l'aventure. Casinoweb: D'après vous, le poker en ligne est-il un concurrent de taille pour vous? Craignez-vous que le poker virtuel vous oblige à fermer des tables? Ou bien au contraire, le poker en ligne a permis de desacraliser le jeu de poker et a encourage les joueurs a se tester en version reel dans les casinos en dur?
Guy Benhamou: Ce n'est pas le but, on ne fermera pas de tables de poker à cause de la concurrence des salles de poker en ligne. On nous a posé la même question quand on a mis en place le jeu de machines à sous dont certains pensaient que ça allait impacter sur les jeux traditionnels. Au contraire, on met l'accent aujourd'hui sur le travail des jeux de tables, et ce n'est pas indissociables.
Casinoweb: Les sites de paris sportifs, poker en ligne et courses hippiques devraient être légalisés en 2010. Quant aux sites de casinos en ligne, rien n'est encore bien défini. Si le gouvernement légalise les sites de casinos sur internet, pensez-vous que la fin des casinos terrestres a sonné? Votre établissement sera-t-il en sursis?
Guy Benhamou: Je ne sais pas, il faut avoir un certain recul pour porter une analyse sur ça que je n'ai pas encore. Les jeux en ligne existent dans d'autres pays, peut être que l'offre des casinos en ligne sera différente, avec une clientèle différente, je ne sais pas. Laissons nous le temps d'analyser ça.
Casinoweb: En décembre dernier, le groupe Partouche a innové en lançant le Partouche Mégapot. Le jackpot progressif a été gagné 2 fois à Palavas-les-Flots et récemment au casino d'Annemasse. Avez vous ressenti dans votre établissement un sursaut de fréquence depuis la mise en place du Partouche Mégapot?
Guy Benhamou: Oui bien sûr. On avait peur au début de déplacer une clientèle des machines traditionnelles aux machines à sous aux jackpots progressifs. En définitive, c'est vrai que ça s'est fait mais on a attiré une clientèle, de par la communication faite autour de ces jackpots et de ces gagnants qui se sont sentis dire « et pourquoi pas moi? ». La communication sur la chance, qui peut tomber sur n'importe qui et n'importe quand, a encouragé les joueurs à miser sur le Partouche Mégapot.
Casinoweb: L'entretien tire à sa fin. Avez-vous un scoop sur votre casino à dévoiler aux nombreux lecteurs de Casinoweb.org?
Guy Benhamou: Non, je n'ai pas de scoop à dévoiler à Casinoweb.org, mise à part de dire « venez jouer, vous serez notre futur gagnant ».
Casinoweb: Merci Monsieur Benhamou de nous avoir accordé cette interview.
Guy Benhamou: Merci à vous.
© Casinoweb
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En vertu de l'article L 112-1 du Code de la Propriété intellectuelle, Casinoweb.org autorise la reproduction d’un très court extrait de ses articles (5 lignes maximum), aux conditions suivantes :
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